La mort de Wolfgang Amadeus Mozart, survenue le 5 décembre 1791, demeure un mystère fascinant. À seulement 35 ans, ce génie de la musique a laissé un héritage incommensurable. Cependant, les circonstances de sa disparition continuent d’alimenter de nombreuses spéculations.
La commande de son Requiem, qui coïncide avec son pressentiment de mort, marque le début d’une période troublante. Ce chef-d’œuvre, devenu emblématique, s’est mêlé à l’angoisse de ses derniers jours. La nouvelle de son décès a rapidement fait le tour de Vienne, puis s’est répandue à travers le monde.
Ce texte explorera les différentes théories entourant sa disparition. Des explications médicales aux légendes tenaces, chaque hypothèse mérite d’être examinée. Malgré les recherches, la question de sa mort reste un sujet de débat parmi les historiens et les passionnés de musique.
Le contexte historique et la santé de Mozart dans les mois précédant sa mort
En 1791, l’Europe est secouée par des bouleversements. La Révolution française fait trembler les monarchies, et l’Autriche, sous le règne du nouvel empereur Léopold II, vit une période d’incertitude. C’est dans ce climat tendu que le compositeur réside à Vienne, dans une maison de la rue Rauhensteingasse, aujourd’hui disparue. Cette époque est marquée par des tensions politiques et sociales qui influencent profondément la vie de l’artiste.
La situation à Vienne en 1791 et la vie personnelle de Mozart
La vie personnelle de Mozart est également en proie à des difficultés. Marié depuis huit ans à Constance Weber, il est père de deux enfants. Leur fils Franz vient de naître trois mois avant sa mort, tandis que l’aîné, Karl, est placé en pension à la campagne. Les problèmes financiers se multiplient, entraînant le licenciement de leurs domestiques. La situation matérielle de la famille se dégrade, accentuée par le fait que le nouvel empereur n’est pas un fervent admirateur de son œuvre, contrairement à Joseph II.
Le travail intense sur La Flûte enchantée et autres œuvres majeures
Malgré ces défis, Mozart se consacre à son art avec passion. Il vient de créer sa célèbre Flûte enchantée (Die Zauberflöte), une œuvre qui a nécessité un travail acharné avec son librettiste Emanuel Schikaneder. Présentée devant la cour le 30 septembre 1791, cette composition illustre son génie créatif, même en cette fin de vie. En parallèle, il compose d’autres œuvres notables, telles que La Clémence de Titus, commandée pour le couronnement de Léopold II, et le Concerto pour clarinette en la majeur.
Les signes précurseurs de sa détérioration physique
Au retour d’un séjour à Prague début septembre 1791, Mozart ressent une fatigue extrême. Son apparence physique change, marquée par une pâleur intense et des traits tirés. Cette asthénie profonde ralentit son ardeur au travail, créant un contraste saisissant avec son esprit habituellement vif. Bien qu’il continue à afficher une bonne humeur, des signes inquiétants de déclin physique se manifestent, révélant une lutte intérieure face à sa santé déclinante.
| Événements | Dates | Détails |
|---|---|---|
| Naissance de Franz | Septembre 1791 | Nouveau-né, dernier fils de Mozart |
| Création de La Flûte enchantée | 30 septembre 1791 | Première devant la cour de Vienne |
| Retour de Prague | Début septembre 1791 | Ressent une fatigue extrême |
| Décès de Mozart | 5 décembre 1791 | À l’âge de 35 ans |
Cette période de la vie de Mozart est donc marquée par un mélange de créativité intense et de déclin physique. Les défis personnels et professionnels se conjuguent, créant un tableau complexe de l’artiste à l’aube de sa mort.
La commande énigmatique du Requiem et son influence sur l’état de Mozart
La commande énigmatique du Requiem a profondément marqué la dernière période de Mozart. Un soir, un homme de grande taille, vêtu de noir, se présente à son domicile. Cet émissaire déclare représenter un homme riche et puissant souhaitant commander une œuvre funèbre. Le mystère s’épaissit lorsque le commanditaire reste anonyme et remet 25 ducats d’or à Mozart.
Ce mystère sera finalement levé. Le commanditaire n’est autre que Franz von Walsegg, un jeune comte veuf de 28 ans. Ce dernier avait pour habitude de commander des œuvres à différents compositeurs pour ensuite se les approprier. La somme de 25 ducats d’or, bien que considérable, représente une aubaine pour la famille de Mozart, qui traverse des difficultés financières croissantes.
L’identité et le rôle de l’émissaire mystérieux
Ce mystérieux émissaire a captivé l’imaginaire collectif. Sa visite a suscité de nombreuses spéculations sur les intentions réelles derrière cette commande. La scène de sa venue chez Mozart est devenue emblématique, renforçant le mystère entourant la fin de la vie du compositeur.
La fixation de Mozart sur le Requiem comme reflet de sa conscience de la mort
La fixation obsessionnelle de Mozart sur cette composition est palpable. Il consacre ses journées entières à l’écriture, dînant et soupant dans son cabinet de travail. Son biographe, Alexandre Oulibicheff, témoigne de son ardeur infatigable. Lors d’une promenade au Prater, il confie à Constance, son épouse, son angoisse profonde : « Et si cet émissaire avait été envoyé par le ciel ? Et si je composais ma propre messe des morts ? »
Les autres œuvres composées simultanément et leur importance
Malgré cette obsession, Mozart continue de produire d’autres œuvres majeures. Il travaille sur La Clémence de Titus et la Cantate maçonnique K.623. Ces compositions témoignent de son incroyable productivité et de son génie musical, même à l’approche de la fin de sa vie.

| Événements | Dates | Détails |
|---|---|---|
| Apparition de l’émissaire | 1791 | Visite d’un homme en noir pour commander un Requiem |
| Identité du commanditaire | 1791 | Franz von Walsegg, jeune comte veuf |
| Somme remise | 1791 | 25 ducats d’or pour la commande |
| Autres œuvres | 1791 | Création de La Clémence de Titus et Cantate maçonnique |
Cette période est donc marquée par un mélange de mystère et de créativité. La commande du Requiem illustre non seulement l’état d’esprit de Mozart, mais aussi son génie inégalé, même face à l’ombre de la mort.
Les symptômes et l’évolution de la maladie
Au cours des derniers mois de sa vie, Wolfgang Amadeus Mozart a été confronté à une dégradation alarmante de sa santé. Les symptômes qui se sont manifestés sont révélateurs d’une maladie grave. Ils ont non seulement affecté son corps, mais aussi son esprit créatif.
Les manifestations physiques : fatigue, pâleur, gonflements, douleurs
Les signes cliniques observés chez Mozart étaient frappants. Il souffrait d’une fatigue extrême, accompagnée d’une pâleur cutanée intense. Ses mains et ses pieds présentaient des gonflements, tandis qu’il éprouvait des douloureux vomissements et des douleurs abdominales. Ces symptômes indiquaient une défaillance physique croissante.
Le témoignage des proches et médecins sur son état
La belle-sœur de Mozart, Sophie Weber, a été une des personnes les plus présentes à son chevet. Elle a témoigné de l’évolution de son état, décrivant des visites fréquentes et le soin apporté à son confort. Avec Constance, elle a confectionné une veste de nuit adaptée à son corps gonflé, facilitant ainsi ses mouvements. Les médecins, quant à eux, émettaient des hypothèses variées sur la nature de sa maladie. Le docteur Closset a recommandé le repos, tandis qu’un autre médecin a évoqué une méningite, bien que les symptômes indiquent plutôt une infection rénale aiguë.
La rechute d’octobre et les signes de dégradation rapide
Début octobre 1791, l’état de Mozart semblait s’améliorer. Il était même dynamisé par la mise en route de son opéra. Cependant, deux semaines plus tard, une nouvelle dégradation se produisit. Une fièvre tenace s’installa, transformant cet homme de 35 ans en un vieillard épuisé. Les vomissements et les douleurs abdominales s’intensifièrent, laissant présager une infection rénale aiguë.
Vers le 20 novembre, Mozart passa sa première journée entièrement alitée, un tournant décisif dans l’évolution de sa maladie. Les signes de paralysie partielle et de gonflement des membres étaient alarmants. Cette situation soulignait les limites de la médecine de l’époque, incapable de traiter efficacement une infection bactérienne streptococcique. Ce contexte rendait son décès pratiquement inéluctable.
| Symptômes | Observations | Dates |
|---|---|---|
| Fatigue extrême | État général dégradé | Octobre – Décembre 1791 |
| Pâleur cutanée | Changement d’apparence physique | Octobre – Décembre 1791 |
| Gonflements | Parties du corps affectées | Novembre 1791 |
| Douloureux vomissements | Symptôme récurrent | Novembre 1791 |
| Paralysie partielle | Signes de défaillance nerveuse | Novembre 1791 |
Ces événements illustrent la lutte de Mozart contre une maladie qui, au fil des jours, a transformé son existence. La combinaison de ces symptômes et l’absence de traitement efficace ont conduit à une issue tragique, marquant la fin d’une vie exceptionnelle.
Comment Mozart est-il mort : les principales hypothèses
La fin tragique de Wolfgang Amadeus Mozart soulève encore aujourd’hui de nombreuses interrogations. Les circonstances de son décès, survenu à l’âge de 35 ans, sont entourées de mystères et de spéculations. Plusieurs théories tentent d’expliquer ce qui a conduit à sa mort prématurée.
L’hypothèse de la maladie infectieuse
Une des théories les plus solides repose sur une infection rénalechronique, causée par une bactérie streptococcique. Cette infection, installée dans son organisme depuis l’enfance, aurait provoqué divers symptômes, tels que des poussées fébriles, des maux de tête, et finalement une insuffisance rénale terminale. Les témoins de l’époque rapportent des signes cliniques comme des douleurs abdominales et des éruptions cutanées.
Ce mécanisme pathologique aurait engendré des crises angineuses, des polyarthrites, et même des migraines. Ces manifestations sont le reflet d’une maladie qui s’est aggravée au fil des ans, mettant en péril la santé du compositeur.
La légende de l’empoisonnement
Une autre théorie populaire, mais sans fondement, évoque un possible empoisonnement orchestré par Antonio Salieri. Bien que cette idée ait captivé l’imaginaire collectif, elle reste une spéculation dénuée de preuves. À l’époque, Mozart lui-même a exprimé des craintes d’empoisonnement, ce qui a alimenté cette légende tenace.
Salieri, bien que présent lors des obsèques de Mozart, n’a jamais été prouvé coupable d’un tel acte. Les rumeurs d’empoisonnement, en partie dues à la rivalité entre musiciens, continuent d’exister dans la culture populaire.
Le surmenage et l’épuisement
Le surmenage pourrait également avoir joué un rôle crucial dans la dégradation de la santé de Mozart. Son travail acharné sur le Requiem et La Flûte enchantée a sans doute affaibli ses défenses immunitaires. À cette époque, il était connu pour avoir un emploi du temps chargé, ce qui a pu contribuer à son état de santé précaire.
Le 28 novembre 1791, un second médecin a été appelé et a déclaré que l’on ne pouvait plus rien faire pour sauver le musicien, pronostiquant un décès imminent. Ce diagnostic a marqué un tournant tragique dans la vie de Mozart.
Autres théories moins populaires
En plus des hypothèses les plus connues, plusieurs autres théories ont circulé au fil des siècles. Certaines évoquent l’implication des francs-maçons, tandis que d’autres suggèrent des maladies rares. Cependant, ces spéculations manquent de preuves solides et demeurent dans le domaine de l’imaginaire.
Plus de deux siècles après sa mort, le mystère entourant le décès de Mozart persiste. Son génie musical et les circonstances de sa fin continuent d’intriguer historiens et passionnés de musique.

Les circonstances entourant ses dernières heures et ses funérailles
Les derniers jours de Wolfgang Amadeus, marqués par une intensité émotionnelle, sont d’une grande tristesse. Le 3 décembre 1791, il organise une répétition du Requiem dans sa chambre. En présence de quelques fidèles, il chante la partie d’alto. Ému, il s’effondre en larmes lorsque Benedikt Schack et Franz Xaver Gerl entonnent le Lacrimosa. Ce moment poignant révèle sa conscience de ne pas pouvoir achever son œuvre.
Le lendemain, le 4 décembre, sa belle-sœur Sophie Weber arrive. Elle trouve Constance, sa femme, au bord du désespoir. À ce moment-là, Mozart appelle Sophie à son chevet et lui confie des paroles touchantes :
« Ah, chère Sophie, comme je suis heureux que tu sois là. Vous devez rester ce soir et me voir mourir. »
Il ajoute également :
« J’ai déjà le goût de la mort sur la langue. »
Ces mots témoignent de sa lucidité face à sa fin imminente.
En début de soirée, il fait venir son élève, Franz Xaver Süssmayr, âgé de 25 ans. Il lui transmet ses indications pour achever le Requiem, un geste ultime d’un compositeur soucieux de sa postérité. La chronologie de ses dernières heures est tragique : le médecin arrive vers 22h30, appliquant des compresses froides sur son front brûlant. Vers 23h, Mozart perd connaissance. À 1 heure du matin, le 5 décembre 1791, il cesse de respirer.
La triste réalité de ses funérailles et la situation financière
Les funérailles de Mozart sont marquées par la rigueur d’un édit de l’Empereur Joseph II de 1784. Cet édit impose des enterrements stricts pour les citoyens ordinaires. Ainsi, l’inhumation se fait dans des caveaux communautaires anonymes. La dépouille est suivie par une poignée de proches jusqu’au cimetière de Saint-Marx. On se contente d’un bref service religieux, sans messe ni musique, dans une chapelle latérale de la cathédrale Saint-Étienne.
La situation financière de la famille est désastreuse. Constance, la femme de Mozart, se trouve dans l’obligation de demander à la paroisse de prendre en charge les frais d’une croix. La mort de Mozart, bien que tragique, est aussi un reflet de la précarité dans laquelle il vivait, malgré des rentrées d’argent correctes.
L’impact immédiat de sa mort sur la société viennoise
La disparition de Wolfgang Amadeus a un impact profond sur la société viennoise. Son décès survient dans une indifférence troublante, contrastant avec la reconnaissance posthume de son génie. Le monde de la musique célèbre son héritage, mais à l’époque, peu de gens réalisent l’ampleur de sa contribution.
En somme, les derniers jours de Mozart et ses funérailles sont empreints de mélancolie. Son génie musical, bien que célébré plus tard, a été entouré de mystère et de tragédie. Pour en savoir plus sur les circonstances de sa mort, vous pouvez consulter cet article sur ResMusica.

Conclusion : le mystère éternel autour de la mort de Mozart entre faits et légendes
Le mystère qui entoure la disparition de Wolfgang Amadeus Mozart continue de captiver historiens et mélomanes. À 35 ans, il meurt dans une indifférence troublante, contrastant avec la reconnaissance posthume de son génie. Son œuvre, dont le Requiem inachevé et La Flûte enchantée, demeure une source d’émotion et d’admiration à travers le monde.
Les recherches modernes, en l’absence d’autopsie, pointent vers une infection rénale chronique comme cause probable de son décès. La légende de l’empoisonnement par Salieri, bien que sans fondement, continue d’alimenter l’imaginaire collectif. Ce mystère, qui entoure sa mort, a contribué à forger l’aura de Mozart, le transformant en une figure énigmatique dont l’œuvre transcende les époques.
Alors que l’intérêt pour sa disparition ne faiblit pas, de nouvelles découvertes pourraient encore éclairer cette période troublée de l’histoire de la musique. Pour en savoir plus sur son Requiem et son héritage, la recherche se poursuit.

